The Fantomas Diaporama

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samedi 7 novembre 2009

La vieille d'en face...

A 10h18 tous les matins, la vieille passait près d'une heure à regarder, par sa fenêtre du 9ème étage, l'animation de la rue au pied de son immeuble.
De l'immeuble d'en face, du 7ème étage, il observait cette manie quotidienne, et se faisait un malin plaisir à marquer d'une croix son petit carnet qui signifiait que son rendez-vous d'observation avait été honoré.
Pas une matinée sans que la vieille ne se montre de façon peu discrète à sa fenêtre. Cette curiosité durait depuis 6 mois, et finalement ils avaient tous deux pris plaisir à jouer ce jeu.
Elle approchait les 80 ans, une chevelure blanche épaisse, et un visage sec et sévère. Le reflet de l'extérieur qui venait lécher sa fenêtre lui donnait un air effrayant. Les traits de son visage, qu'il discernait tant bien que mal, étaient fortement marqués. L'image qu'elle donnait derrière son poste d'observation aurait pu être mise en scène par Alfred Hitchcock...
Il avait un demi siècle de moins qu'elle, sans travail ni ressources, son passe temps favori était bel et bien ce seul et unique rendez-vous avec l'octogénaire.
Il en devenait presque accroc, il lui fallait sa dose de voyeurisme pour passer une bonne journée. Il n'avait pu imaginer qu'un jour cette danse pouvait s'arrêter.
Pourtant lorsque ce matin là il avait pu voir comment la cervelle de la pauvre vieille, rouge écarlate, adhérait, toute gluante, sur la fenêtre, son ancienne tour de guet, il avait compris que plus jamais il ne pourrait cocher son petit carnet.

samedi 1 novembre 2008

Allo le Monde... est-ce que tout va bien?

Du haut de sa tour de guet, Fantômas veille et observe… le Monde !

Comment va-t-il donc celui-là depuis le temps que Fantômas le laisse s’autogérer ? Ne serait-il donc pas en train de s’auto-digérer à défaut de s’auto-diriger ?

Le Monde tourne mal, semble-t-il… Il entre en pleine crise d’adolescence. Et à coups de milliards de Dollars ou d’Euros, ses pères se rassurent en lui achetant, ici une banque, ici une compagnie d’assurances, pourvu que le petit se sente mieux.

Malheureusement, comme tout adolescent laissé à l’abandon, il va mal finir. Dans un mur ou en faillite, la fin ne justifiera donc plus les moyens. Les moyens mis en œuvre pour que – comme tout parent indigne de ce nom – les têtes pensantes puissent aller faire la fête, en laissant le chérubin entre les mains de baby-sitters peu scrupuleux.

Maman Europe et Papa USA s’apercevront bien tardivement que fiston n’est plus l’enfant auquel ils avaient l’impression d’avoir « tout donné »… trop donné !

A bon entendeur, pour clore cet essai – tout aussi peu concluant que les autres – Fantômas regagne bien hâtivement sa tour de guet…

jeudi 27 septembre 2007

Vole...

En cette journée ensoleillée, il rejoignait son bureau situé au 43ème étage de cette tour au cœur du quartier d’affaires de la ville.

Ses collègues reconnaissaient en lui un vrai professionnel du monde de la bourse, et chaque jour ils prenaient plaisir à le côtoyer.

De son bureau, le ciel apparaissait comme une vaste aire de jeu. Le soleil et les nuages prenaient tour à tour le premier rôle de cette œuvre des cieux.

De la salle de réunion où il se tenait il pouvait également observer ces millions de fourmis qui convergeaient toutes dans le même sens, en direction de leurs bureaux respectifs. Que l’Homme pouvait apparaître petit lorsque l’on flirtait avec le ciel !

C’est à 9 heures précises que la réunion devait commencer. Une réunion programmée depuis plusieurs mois déjà, dont le sujet restait le développement de l’activité de la compagnie. Il avait été invité à y participer tant il avait dans les mois précédents contribué à l’essor fulgurant du groupe. C’était sans aucun doute un élément modèle.

Il n’était que 8h45, et restait déjà là assis à la place qui lui avait été attribuée. La réceptionniste avait apporté le plateau avec les tasses et le café. Une quantité de café pour un régiment ! L’odeur se dégageait petit à petit de la cafetière, envahissant la salle de réunion.

Plus les minutes passaient, plus l’angoisse le saisissait, finalement, malgré le fait d’avoir accepté ce contrat sans hésiter. Il pensait, alors que l’échéance approchait, qu’il n’aurait jamais dû…

Le ciel s’obscurcit rapidement, le magnifique horizon dont il pouvait jouir devenait sombre et sordide, la masse s’approchait à la vitesse de 900 km/heure, l’impact fût sans conteste d’une violence inouïe… les renseignements qu’il avait communiqués étaient d’une telle précision que les auteurs de cette attaque n’avaient eu aucun mal à heurter leur cible.

Ce 11 septembre fût le dernier de sa courte existence.

lundi 10 septembre 2007

Morceaux de vie...

Lorsqu’ils s’étaient rencontrés pour la première fois, elle n’avait que 25 ans, alors même que lui était plus âgé d’une dizaine d’années…

Ils s’étaient rencontré au hasard d’un couloir… un effleurement de bras qui leur avait coûté une vie promise l’un à l’autre. Leur mariage s’était déroulé comme dans un film.. ; du monde, des fleurs, un soleil radieux, une île paradisiaque. Le début de leur histoire ressemblait à un conte de fées que seules les petites filles savaient imaginer !

Mais la vie avait repris son cours, et les années passant le couple s’élimait à coup de reproches réciproques, lui ne gagnait plus suffisamment sa vie pour satisfaire les caprices de son épouse, tandis qu’elle ne savait plus lui donner ce plaisir que tout couple naissant sait encore quérir à chaque instant partagé.

Il ne leur avait fallu que 5 ans de vie commune pour s’apercevoir de cette navrante situation… une situation dont il avait toujours juré qu’il ne serait pas victime.
En découpant chaque morceau, des pieds à la tête, qu’il emballait soigneusement dans les sacs poubelles, il se remémorait chaque instant de bonheur qu’il avait pu partager avec elle…

Demain à 4 mains....

Du haut de sa tour de guet, Fantômas veille et observe...
Pour son retour, il va faire une mise au point. Désormais le gué va se transformer en guet, puisque Fantômas a traversé l'atlantique depuis quelques mois, il en perd le sens de l'orthographe, mea culpa!
Donc du haut de sa tour de guet qu'il a quitté provisoirement pour une oeuvre à 4 mains, Fantômas poursuit sa veille et son observation.
Le monde va bien plutôt bien même, les rugbymen sont en plein assault pour savoir quelle équipe sera la meilleure au Monde, les politiciens font toujours leur cinema pour savoir lequel sera le meilleur dans quelques années et pourra ainsi profiter de quelques deniers supplémentaires, tandis que l'heureuse défaitiste des dernières élections présidentielles françaises va venir crier bientôt un "Vive le Québec libre" qui donnera comme un goût amer de "bis repetita"! Bref le Monde va bien, et Fantômas aussi, merci!
Dès demain le glauque et le lugubre reprendront le dessus après ce court instant de "vie en rose"!!!
A bon entendeur, Fantômas reste en bas de sa tour de guet pour quelques heures... demain ce sera à deux mains qu'il devra guetter et observer...

dimanche 26 août 2007

Le covoiturier...

Elle était sa passagère depuis plus de 350 kilomètres.

Sans arrêt, durant le trajet, elle lui avait parlé de ses histoires sentimentales, ses joies, ses peines de cœur, ses amants. Comment avait-elle pu se libérer ainsi à son acolyte de covoiturage ? Elle ne le connaissait que depuis quelques heures et pourtant elle se sentait l’âme confidente. Il l’écoutait religieusement en fixant la route, sans sourciller.

Après les sentiments, vinrent les histoires familiales. Elle lui confiait comment elle avait souffert des années auparavant de la disparition soudaine de ses parents. Assassinés par un vagabond par un soir d’hiver enneigé, elle les avait retrouvés gisant sur le plancher de la salle familiale, baignant dans leur sang, chacun égorgé comme on exécute un mouton, avec acharnement et haine.

Jamais pourtant la Police n’avait pu identifier l’auteur de ce double homicide affreux. Elle regrettait à jamais de n’avoir pu mettre la main dessus pour lui faire payer l’horreur de la vision qu’elle a eue lorsqu’elle n’avait que 16 ans.

La voiture bivouaqua de son chemin pour rejoindre une route forestière… Il se souvenait maintenant de ce couple sur lequel il s’acharna sans raison apparente, juste parce qu’il avait eu un besoin de tuer…