Mon
cher journal intime,
Ca
fait près de 30 ans que j’aurais dû commencer à t’écrire, à remplir les pages
vierges de ton carnet à spirales… mais ce n’est finalement que maintenant que
je vais m’entretenir avec toi.
Qu’est-ce
que je vais bien pouvoir te raconter, parce que finalement si tu n’es que le
reflet de mon existence tu ne connais pourtant rien de moi. Aujourd’hui tu me
découvres et je me dévoile en me découvrant aussi. Alors,
je vais commencer par un début, comme toute bonne chose a une fin, elle a
forcément un début aussi.
Actuellement
tu me vois, ah non c’est vrai tu ne peux pas me voir, ou alors tu ne vois que
ce que j’écris, donc actuellement je suis à moitié vautré dans une salle
d’embarquement d’un aéroport français en attendant que le temps passe et que
l’avion se presse à venir. 17h56 la journée touche à sa fin.
41
ans en 2012, le 21ème siècle déjà… je suis né au siècle dernier dans
une famille nombreuse, le troisième d’un troupeau de mômes. Trois mâles pour
une femelle, mais c’était l’ainée, imagine un peu ce que gamin j’ai pu endurer.
J’ai un frère de sang, d’armes et d’âme. 20 mois d’écart seulement, autant te
dire que nos parents ont pu s’arracher les cheveux avec nous, quand ils ne s’en
faisaient pas des blancs… et puis un petit dernier, couvé, protégé des affres
de la vie, qui découvre enfin de quoi est fait ce Monde merveilleux. Mais cette
famille finalement a traversé les années, le temps, les turpitudes de la vie et
les plus grosses peines qu’il est donné à un homme de vivre. Elle a perdu un de
ses bras en cours de route, un sacré bras, frêle, mais qui portait cette portée
fièrement. Tout comme je peux porter la mienne aussi fièrement.
Enfin
moi disons que j’ai eu deux portées, dans une vie d’avant et dans celle de
maintenant.
Voilà
en gros la situation telle qu’elle se présente à ce jour. T’en sais pas
beaucoup plus, mais après tout est-ce bien utile d’en savoir plus ? Non,
je ne pense pas. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Puis le jour où tout
ira mal tu seras peut-être le premier averti, alors à quoi bon m’étendre, je
suis déjà assez vautré sur ce canapé d’aéroport…
La
santé ? Elle va bien merci, enfin je crois, enfin on verra bien…
Les
amis ? Ah ça c’est un vaste sujet… comme tout le monde j’en ai eu, j’en ai
plus eu, j’en ai re-eu, enfin comme tout le monde à l’exception près que je
suis un vrai sauvage. Et maintenant je suis entouré d’amis parsemés aux quatre
coins du monde ou presque.
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