mardi 24 août 2010

Chapter one...

Mon avion venait à peine d’atterrir sur la piste de Trudeau que Paulo était déjà en train de tenter de me joindre sur mon cellulaire.

Paulo, quel drôle de prénom, peut-être un surnom… j’en sais rien. La seule chose que je sais de lui c’est qu’il était efficace dans le milieu en tant que « public relation ». Moi qui voulais me refaire une santé sur le nouveau continent. C’était l’aubaine.

En France, ça commençait sérieusement à sentir le roussi pour moi. Fallait dire aussi que je n’avais pas été un enfant de chœur et tous les commissariats du pays avaient mon portrait placardé sur leurs beaux murs blancs. Pire qu’une publicité pour une lessive. Un véritable 4 x 3. Pourtant je n’étais pas l’ennemi public numéro 1, juste un gars qui aimait bien voir des jeunes filles souffrir quand entre ses deux grandes mains leur cou se rétractait pour les laisser gire sur le sol, inanimées et sans grand espoir de survie. Un tueur en série, paraît-il. C’est comme ça qu’ils m’appelaient. J’avais bien été sous les barreaux pendant quelques longues, trop longues, années. Sauf que pour garder quelqu’un en tôle faudrait encore le surveiller, et contrôler ses fréquentations. Bref, de 20 ans j’avais personnellement réduit ma peine à 3.
Alors quand on m’avait proposé de traverser la grande flaque, enfin l’Atlantique, pour une nouvelle vie, je n’ai pas hésité une seconde. J’avais juste à débourser 5000 €, c’était rien par rapport à la vie qui devait m’attendre.

On m’avait bien dit que Paulo c’était un passe droit à Montréal. La rue Sainte Catherine et ses bars malfamés avec leurs danseuses si bien bustées n’avaient aucun secret pour lui. Les patrons il les connaissait tous personnellement. Forcément à traîner depuis 19 ans dans ce monde, sans jamais se prendre une bastos, il devait savoir se faire aimer… ou respecter.

Ca devait être un sacré caïd celui-là.

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